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07/05/2016

Dream on

Le rendez-vous était directement au cinéma, une petite salle au MK2 Beaubourg, j’avais une place réservée (ET numérotée)
Lui pas.
Je l’ai aperçu vite fait aux caisses, il m’a fait un grand signe..
Et je suis entrée m’assoir.

En me retournant toutes les 5 minutes pour vérifier s’il était enfin dans la salle, un vieux pote m’a interpellée, genre toi ici, je suis allée le saluer, bla bla et politesse d’usage.
Là mon rencard s’est assis juste à côté du pote
(mon rencard sentait bon) (ou c’était ses cheveux) (ou ses hormones je ne peux pas dire)
Du coup j’ai mis un grand vent au pote, attirée par l’odeur du mâle-attrape-gonzesse pour lui dire que c’était ultra ballot ces places réservées et qu’on ne pourrait pas être assis côte à côte. Ce à quoi il m’a simplement dit : je suis déçu.
Moi aussi, je lui ai répondu (avec ma petite moue-bouche-sur-le-côté-attrape-mâle)(d’office)
La lumière s’est abaissée doucement et j’ai filé jusqu’à ma place.
- à tout à l’heure !
Frustration extrême (des deux côtés)

Autant dire le mal de chien pour se concentrer sur le film.
Mon disque interne étant rayé sur son odeur, sa bouche, son sourire en coin, ses cheveux, sa bouche.

Sa bouche.

Sa bouche.

La scène chelou du film (indé)

Sa bouche.

Sans déconner, arrivés chez lui, je suis juste à point.
J’entends vaguement son (pas très convaincant) : je te sers un verre, tout en passant devant moi pour entrer dans sa cuisine mais en faisant demie tour aussi vite pour m’embrasser contre le mur..

J’ai le temps de m’accrocher à son espèce de mezzanine, les seins nus (après avoir viré le haut plus vite que mon ombre) pendant qu’il continue de m’embrasser, lui aussi à moitié désapé, et qu’il essaie de soulever ma jupe (que je n’ai pas eu le temps d’enlever) pendant que je lui déboutonne son pantalon pour lui attraper la queue.
Chaude, très chaude.
Et qu’on baise enfin comme ça, en équilibriste.
Moi accrochée d’une main, quelque part (de solide) (à cette mezzanine) et l’autre main accrochée à lui.
À sa peau,
à son odeur de tout à l’heure qui m’avait rendue dingue.

On baise comme ça, un orgasme (déjà) de mon côté, alors que lui doit s’arrêter avant de craquer définitivement.
Du coup on boit.. de l’eau.
J’en renverse dans la précipitation, fou rire, et on repart dans un nouveau tour de manège, lui allongé sur un fauteuil (je crois) ou un tapis et moi toujours accrochée à ce que je trouve dans son mini toit parisien.
Il jouit comme ça, vite.
On reste assis l’un sur l’autre et on se marre encore, ensuite.
Je ne sais plus pourquoi.

On est de toute façon, tous les deux, d’humeur plus que festive.

On reste à poil assis face à face à boire deux bières fraiches. Des bières belges. D’abbaye.
Reprendre son souffle en fumant des joints.
Rire un peu plus fort.

Faire un jeu de rôle débile et se retrouver à quatre patte.
en plein milieu de la nuit.
Comme des lapins.

Et finir allongés l’un dans l’autre, à l’ancienne.
crevés mais sans être capable de s’arrêter,
lentement,
presque au ralenti.

Et s’endormir comme ça.


Ne pas se réveiller tout de suite.



Ne pas se réveiller  !

 

 

 

20:13 Publié dans à Paris, Graou | Lien permanent | Commentaires (4)

06/02/2016

Solidarité féminine mon cul

Cet article (et cette pétition) c'est bien la plus grosse supercherie de l'année.

En faisant style de prendre position pour toutes les femmes mais en fustigeant tout ce qui rend bénéfique l'allaitement parce que ça culpabilise les femmes... qui donnent le biberon. Et parce que faut qu'on m'explique comment celles qui allaitent du coup peuvent aussi se sentir coupables.. d'allaiter ?!

Nan mais pfff...

La gonzesse qui a écrit ça s'est relue ?
Vous vous êtes relues ?


"Nous demandons de conserver notre droit à décider sans devoir affronter une culpabilisation permanente."

Sérieux ?
Permanente la culpabilisation ?
(mais meuf c'est pas dû au biberon ou à l'allaitement ça, c'est dû à ton nouveau statut de mère)

"Nous qui avons choisi le biberon serions de mauvaises mères"

Donc on y est, vous parlez que dalle des nanas allaitantes soyons claires. Elles sont juste en option dans votre pétition pour que vous ne passiez pas pour des connasses.

Toutes les différentes études citées que vous estimez contre vous et votre liberté de choix, encensent toutes l'allaitement.. nan mais vous prenez les mères qui allaitent vraiment pour des connes ?!

En plus mais de quoi je me plains ?
Vous les 80% (90%) vous avez de plus en plus de mal à assumer de donner le biberon ?

(vivant dans un pays riche qui le donne justement ce sacro saint choix aux gonzesses)

Ou alors c'est quand vous tombez sur une connasse qui vous fait une réflexion débile ?
Ou quand vous voyez des nanas les seins à l'air en train d'allaiter dans la rue qui heurte votre féminité ?

Mais comment c'est possible, c'est vous l’écrasante majorité !

Tellement que les banques de lait maternel ont désespérément besoin de dons et qu'il n'y en a pas assez pour des bébés en difficultés parce qu'il y a trop peu de femmes qui allaitent justement !

Si d'autant plus vous hurlez à la terre entière que vous assumez vos choix, mais où est le problème putain ?

Où est la remise en question des droits des femmes ? Où vous voyez une assignation à un idéal maternel (oppressant !) ?
On voit jamais de mère qui allaitent (aller peut être dans les pub cinq minutes avant les Maternelles sur France 5)

Et vous ne pouvez quand même pas culpabiliser et chouiner quand on vous donne un résultat scientifique disant que le lait maternel est le plus adapté pour un bébé ?

Je sais pas, peut être vous avez toutes été gravement traumatisées après votre accouchement ?
Une horrible sage femme a été méchante ? Elle a dit de vilains mots humiliants ?

Mais alors vous pouvez pas plutôt faire une pétition sur un vrai problème, genre les sage-femmes et autres infirmières dans les maternités qui pourraient faire des efforts de communication pour pas heurter la sensibilité des toutes jeunes mamans et surtout pour qu'elles RESPECTENT leurs non ou leurs oui ?

Vous trouvez ça pas plus pertinent que de monter au créneau sur des résultats d'études (plus ou moins contestables)
Reliées par tous les médias pour être certains de générer du trafic (et des polémiques !)

Alors faire de cette pétition un pamphlet sur le fait de ne plus culpabiliser ni les biberonnantes ni les allaitantes...
Genre "l'autre piège qui nous guette .. il ne faut pas s'opposer aux autres femmes"

Mais enfin c'est exactement ce que vous faites !
Rien qu'avec la première phrase de votre article !


Aller..
comment on peut être aussi hypocrite.

Ce texte aurait été équitable s'il avait été écrit par une biberonante ET une allaitante, ensemble même combat.. contre la connerie !
Non ?

Ou on est d'accord que vous ne défendez que votre bout de gras là

(de toute façon il suffit juste de lire les commentaires pour voir à quel point les unes dénigrent les autres) (c'est sans fin!)

31/12/2015

J'aimerai pour 2016

Revoir dans le miroir celle qui fonçait tête baissée (quitte à faire de mauvais choix)
Celle qui n'avait peur de rien.
Ni de personne.
Celle qui avait réussi à cacher ses souffrances à l'autre bout de la planète pour qu'elles ne l'empêchent pas d'avancer.

Retrouver cette sensation d'avoir toute la vie devant soi.
Surement je n'ai pas accompli tout ce que je devrais.
Peut être aussi que c'est ça la crise de la quarantaine.

Je donne toute (absolument toute) mon énergie pour mon fils, pour être certaine qu'au moins je ne raterai pas ça (aussi)

Mon bilan de cette année finalise le bilan de 5 années où je me suis perdue quelque part, mais pas au bon endroit.

Évidemment je suis également la tornade qui blesse tous ceux qui sont trop proches de moi. Et j'en suis vraiment sincèrement désolée.

J'aimerai avoir passé plus de temps avec toi Jen.
Te donner du temps, Ka (et à Masha aussi)
Faire plus de virées avec vous Sista, Lydia, Sasa.
Me balader sur la plage avec toi et ton fils, In (et Béli et Laet) (j'ai encore ton xylophone Fisher-Price putain)
Papoter avec toi Elise.
Bavasser aussi avec toi Aurélie.
Rencontrer Manue.
Faire le tour des pubs de Londres avec toi Nath.
Refaire des soirées avec vous Sarah et Thierry.
Amaury, Marie.
So. Hervé.
Antho.
Mel.
Bao.
Younouss.
Charles.
Jean.
Dom évidemment.

Et revoir tous les autres que j'ai oublié, désolée.

Mon esprit continue d’errer dans les rues de Paris.
Pourtant je ne déteste plus Lyon. Au contraire. Il y a une multitude de choses qui me feront regretter de le quitter.
Mais je ne sais pas pourquoi je suis liée à Paris comme ça.
Peut être mes souvenirs d'enfance tenaces.
Cette promesse que je m'étais faite là-bas chez mon oncle et ma tante rue duc dans le 18e quand j'avais 7 ou 8 ans.
Quand je serais grande je vivrai ici.
Ici c'est chez moi.

Paris c'était mon rêve.
Ado je montais jusqu'à la bute par les escaliers du métro Lamarck, je longeais pour passer exprès devant la Fémis et la grille Pathé cinéma qui me faisait fantasmer.
Je me tapais tous les escaliers jusqu'en haut, et j'allais me réfugier dans le mini parc du musée Dalì.
M’asseoir sur le banc et contempler, entre les feuilles des arbres (qui cachent un peu trop la vue), quelques bouts de la capitale.

Au final, je me suis beaucoup plus attachée au 11e et 10e quand je suis venue m'installer enfin.
De Goncourt à Bastille.
Saint-Maur.
Belleville.
Voltaire.
La roquette.

C'est surement ridicule de se figer à ce point sur un rêve d'enfance.
Mais à vrai dire je n'ai pas d'autres rêves aussi forts que celui-là.

J'en suis au point de préférer dépenser tout mon salaire dans des allers-retour SNCF pour bosser là-bas (avec un taff dans ma branche j'aimerai autant) (ou au moins avec une bonne équipe)
Je ne me le souhaite pas pour 2016 forcément.
Mais je me souhaite beaucoup d’énergie et d'optimisme (et de vraies nuits pour me remettre de deux ans sans dormir) et travailler à rentrer au bercail.

Je n'oublie pas mon mec ni mon fils.
Mais mon mec a sa vie ici, sa famille, ses amis.
Mon fils aura eu 3 ans non stop avec sa maman. Je le laisserai quand il saura parler plus ou moins correctement et quand il saura aller aux chiottes tout seul.

Et je sais que les deux voudront clairement une femme et une mère épanouie moins présente plutôt qu'une pauvre aigrie qui traine dans leurs pattes tous les soirs sans but dans le salon à se plaindre éternellement sur son sort.

Je ne veux pas de moi comme ça non plus.

Aller je me donne deux ans.

 

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15/09/2015

(r)é(sur)rection

Il a suffit d'un déménagement pour retrouver une vie plus ou moins normale
Le fait d'avoir sa chambre a dû le motiver à dormir enfin comme un grand.
À presque deux ans.

Il est même quasi sevré.

J'en reviens encore pas vraiment d'avoir allaité aussi longtemps.
J'en reviens encore moins de dormir pratiquement comme avant.
Je suis redevenue humaine.

Je n'étais plus humaine.
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Les choses paraissent impossible à réaliser quand on est en grave manque de sommeil.
Tout devient inaccessible.
Sombre et laborieux.

J'ai dit (fuck off) stop le jour où on est tous les trois sortis de chez l'orthophoniste
après l'avoir écouter une heure nous faire une thérapie familiale à la mords-moi-le-zob
tout en incriminant l'allaitement dans les difficultés de mon fils à parler.
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L'allaitement cette source de mythe...


Donc nous voilà dans ce nouvel appart,
Lyon à nos pieds dans le salon,
le Mont-blanc dans la cuisine.

Un peu au septième ciel.

L'embourgeoisement inespéré
(mais un peu mérité)


Je vais pouvoir souffler un peu.


Ah j'allais oublié..
ça fait 10 ans que j'ai commencé à écrire dans ces blogs
(10 ans Jen !)

01/05/2015

On choisi pas sa famille

Cette conversation au téléphone surréaliste avec ma mère.
Où elle fini par répéter exactement ce que je lui disais au début alors qu'elle s'était justifiée avant pendant une heure du contraire.
Comme si elle ne voulait définitivement pas être d'accord avec moi.

Les publications dégueulasses de la cadette pour humilier ma plus petite sœur.
Peut-être moi aussi au passage.
Et parce que ses statuts sont tout sauf subtils.

Cette fierté qu'elle a de se faire plaindre de son statut de super maman avec sa double journée, et pan dans la tronche de son mec qui n'a l'air de servir à rien à part prouver qu'elle s'est bien mariée avec quelqu'un.

Donc quand ma mère commence son laïus sur la pauvre …. Je voudrais pas être à sa place …. Et bla bla bla …. J'ai juste envie de re-couper les ponts avec eux.

Ça joue les sœur/mère parfaites devant les autres mais une fois en huit-clos les masques tombent vite.

Quand j'étais ado je ne supportais pas cette façade de rêve.
Les mensonges grossiers.
Genre vas-y que ma fille elle est parfaite, première en violon, première en natation, première en dessin.
Mais seule avec moi à la maison soudain je devenais nulle, folle et bonne à rien.

Ça me rendait schizophrène à la fin.

J'ai bien fait de me barrer jeune de toute cette merde.
Surtout quand je les vois encore maintenant patauger dans la semoule.
Comme si leur disque était rayé.

Mais franchement ça laisse des séquelles.
Dans mes pires moments d'angoisses je me sens nulle et pas aimée.
Et je me demande si j'ai envie de me sentir aimée.
Quand mon mec me dit qu'il m'aime je ne le crois pas.
Et je suis persuadée que mon fils ne m'aime(ra) pas.

Bon ça n'arrive que dans les pires moments d'angoisses (hein)

Et malheureusement l'angoisse débarque d'office quand j'ai ma mère au téléphone ou quand ma sœur vient me faire chier sur FB.

Et parce qu'elles ne savent pas donner autre chose que le reflet de leurs propres angoisses.

Du coup quand je suis heureuse, que j'ai une bonne nouvelle, je me fais systématiquement remballée.
J'ai bien de la chance. Eux c'est pas la joie. Ils ont plein de problèmes... (re)blablabla.
Avec un brin de pathos en plus sinon ça fait moins dramatique
(merde je sais d'où ça me viens cette manie tiens)

C'est vrai comment j'ose être heureuse alors qu'ils sont éternellement dans la merde.

Et mes difficultés n'en sont pas face à leurs vrais problèmes (oui moi j'ai pas de vrais problèmes)

Je pense à ce sketch des Monty Python. Celui où ils surenchérissent tous sur ce qu'ils ont vécus d'abominable. Le concours de la vie la plus horrible.

Ben sincèrement je leur laisse.


The Monty Python "souvenirs d'anciens"(vo st fr) par jazzami

22/04/2015

Après la tempête

 

Un mois qu'il fait enfin ses nuits.
Il y a encore des ratés et il fini souvent dans notre lit.
Mais moi je dors.

Tout de même ça n'en finissait plus.

Et je devrais remercier ce médecin québecois sur internet grâce à qui j'ai pu comprendre et régler ce problème de tétée/doudou/sommeil
(mais j'ai paumé le lien) (c'est con)

Du coup le quotidien est beaucoup moins stressant, je n'ai plus cette impression d'être au fond du gouffre sans échelle, d'être nulle pour tout tout le temps, j'ai même perdu une taille de pantalon.

Prochaine étape, seul dans son lit toute la nuit.
Enfin pour ça il faudra le sevrer définitivement.
Et l'aider à ce que mes seins ne soient plus ses doudous.
Mais bon là dans son développement c'est pas encore l'idéal (enfin pour que ça se passe en douceur j'entends)

C'est vrai que je me suis mise un peu (trop) en stand bye.
Peut être cette culpabilité qu'il soit arrivé trop tôt.
Et même si tout le monde répète inlassablement qu'on n'est pas responsable que c'est un accident.
Ça ne change rien.
J'ai l'impression que je n'en fait jamais assez.
Et que je ne peux pas l'abandonner
(une deuxième fois)

(sans compter mes dommages collatéraux familiaux) (mais ça je m'en serais vraiment bien passé)

Mais je ne regrette pas. Et même ça me plait la plupart du temps.

Pourtant parfois je me dis que c'est bon j'ai bien fait mon taff, d'épouse et puis de mère, et que maintenant je démissionnerai bien.
Aller salut, c'était chouette (un peu rude) mais vous n'avez plus besoin de moi maintenant, ciao bye bye...

C'est aussi que je n'aime pas du tout l'idée d'être enchaînée à rien ni personne.

Et avoir un enfant c'est ne plus jamais être seul.

Ça a un côté aliénant.
Couple puissance mille.


Alors je m'adapte à son rythme.
On se ré-adapte ensuite au fil de ses progrès.
Pour qu'il finisse doucement dans quelques mois par s'adapter à notre vie.

J'arrive enfin à me détacher de lui. Même si c'est encore laborieux. Mais ça ne se fera pas du tout du jour au lendemain. Et je refuse que ça me fasse souffrir (c'est bon j'ai déjà donné)

Mais j'ai quand même hâte qu'il passe ses premiers week-end chez ses grand-parents.
Qu'il aille à l'école.
Qu'il prenne son envol quoi.

 

Et que je retrouve un peu mon mec aussi.
Parce que là il est sur le point de m'appeler Marie Charlotte ou Sainte Charl' ...


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18/04/2015

Si on rentrait à la maison

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07/02/2015

Maternage proximal intense

Depuis des mois je me bats contre mes intuitions, l'avis des pédiatres et l'avis des autres.
Faites pas comme ci faites pas comme ça.
(cette façon d'infantiliser les mamans pour mieux les culpabiliser derrière)

Il y a quelques jours j'ai envoyé chier tout le monde (dans ma tête)

Je pensais qu'être à l'écoute de tous ces conseils ferait de moi une bonne mère.
Ça me fout plus la pression qu'autre chose.
Et la moitié ne sont pas du tout adaptés à mon fils (et à moi)
En plus tout le monde se focalise toujours sur ce qu'il ne faut surtout pas faire.
En revanche une vraie discussion qui donne de l'inspiration pour trouver des solutions, c'est vraiment rare (puisque tout le monde veut avoir raison) (ou comme ça a marché sur leurs gosses forcément ça fonctionnera sur le tient) (grossière erreur)
Et pour les longues conversations, mes copines sont tellement loin..

Dire que d'habitude je me fiche royalement des conventions.

J'ai donc décidé de faire la nounou à plein temps pour mon fils jusqu'à son entrée à l'école.
Même si financièrement ce n'est pas la meilleure idée de l'année.
Mais je veux m'en occuper.

On me demande souvent : et vous dans tous ça ?
(comme si j'avais expulsé un alien et que maintenant il fallait que je le mette obligatoirement à la crèche pour pouvoir enfin reprendre ma vie en main)
J'ai fait de chouettes études, eu une super carrière à Paris (certes encore inachevée), des tas d'amis irremplaçables, d'amants chevronnés et des histoires abracadabrantes..
Alors est-ce que c'est si difficile à comprendre qu'à presque 40 ans j'ai juste envie de me poser un peu et de profiter de mon bébé (qui grandit aussi vite que la vitesse de la lumière en plus)
J'aurai bien tout le temps après pour m'occuper de la suite du reste de ma vie.

Alors bien sur si j'avais eu un taff terrible avant de tomber enceinte évidemment les choses se seraient passées autrement et je serais sans doute retournée bosser plus vite (mais il faut bien avouer que depuis que je suis à Lyon c'est la cata question boulot) (dans ma branche j'entends) (au point où j'ai failli me prendre un de ces abonnements sncf mensuel pour revenir chercher du travail à Paris)

Donc bon étape par étape
(et non je ne suis pas une vraie meuf, je ne sais pas faire bien plusieurs trucs en même temps) (désolée)

On me reproche de ne pas vouloir laisser partir mon fils, que je l'empêche d'être autonome.
Entre préjugés et fantasmes.
Parlons-en de son autonomie d'ailleurs, elle avait l'air d'aller plutôt pas mal la dernière fois où (à décathlon) (oui vachement sexy comme sortie je sais) il avait disparu en un quart de seconde en courant à l'autre bout du magasin avec son petit caddie.

Les enfants ont bien plus de ressources qu'on ne voudrait l'admettre.

Et puis je trouve que la mère prend toujours tout dans la tronche pendant que le père s'en sort miraculeusement avec les honneurs.

Enfin bref.

On ne pourra pas s'empêcher de merder quelque part à un moment ou à un autre de toute façon. Notre vrai rôle de parents c'est de s'en rendre compte et de savoir rattraper le coup.
S'excuser quand on merde.
Et tout faire pour arranger les choses ensuite.

Être juste bienveillant..

À se foutre trop la pression pour être une mère parfaite (et pire, parfaite aux yeux des autres) (au détriment du réel besoin de ses enfants) (j'en connais) et entrer dans le moule c'est la meilleure façon pour finir par péter un câble.
Chaque enfant est différent en prime. Ont des sensibilités différentes.
D'un enfant à l'autre ou au sein d'une même famille.
Alors bien faire, mal faire.
Ça devient tellement relatif à la fin.

Maintenant j'essaie de me simplifier la vie.

De toute façon j'ai vite trouvé mes limites depuis 16 mois.
Comme mon manque de sommeil par exemple, c'est LA priorité à régler avant tout le reste.
Il a dormi une fois (UNE SEULE FOIS)(bordel)(de 22h à 5h du mat), c'était le mois dernier, sinon il se réveille toutes les 2/3h en moyenne. Et comme il est toujours allaité c'est moi qui m'y colle à chaque fois.

Donc bon je fais déjà au mieux pour ne pas me transformer en harpie quand j'ai accumulé des non-nuits.


(sinon je raconterai le périple allaitement la prochaine fois) (en détail)


(95D)

 

 

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07/01/2015

Je suis charlie

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19/06/2014

naître mère

On avait réussi à trouver un équilibre dans les nuits.
Sauf que ça n'a pas duré longtemps.
Alors il a peut être dû faire un pic de croissance.
Mais surtout ses dents du bas..

Qui depuis sont sorties et nous laissent de nouveau un répit.
Enfin ME laissent reprendre mes émotions.

J'ai craqué plusieurs fois.
Pris rdv chez la psy de l'hôpital.
Celle qui nous a suivit depuis le début.

Et puis une fois que je re-dors un peu plus pendant, ne serait-ce que deux trois jours d'affilés, le monde redevient normal.

Dire que ma sœur se prend pour un super héro en travaillant la nuit et en s'occupant de ses gosses le jour.
Penser à soi, se préserver, et être en forme pour être capable physiquement et mentalement de tout faire pour ses gosses.
Mais pas se sacrifier pour eux !

Chez la psy j'ai réalisé qu'il y avait trop de douleur accumulée (et depuis petite)
Et que je rejette complètement depuis que mon fils est là.
Notamment la négation de mes problèmes par mes parents.
Le manque total de soutient.
Et d'empathie.

Par exemple le fait que je me sois tapée une putain de dépression après mon accouchement et que comme le petit était en bonne santé et sorti d'affaire je n'avais pas le droit d'être terrifiée, encore moins malheureuse et que je n'avais pas à me plaindre.
Alors que je souffrais, que ça n'avait pas été un événement heureux pour moi.
Que j'avais eu peur de mourir et de ne jamais voir mon bébé.
Que j'avais eu peur qu'il meurt ou qu'il n'aille pas bien pendant des mois (voire encore plus tard)
À me trimballer cette épée de Damoclès au dessus de la tronche en ne pouvant rien faire d'autre qu'un acte de présence auprès de lui.

Je me suis sentie impuissante, inutile, vide.

Après j'aurai dû être pimpante, avoir la méga patate, plein de projets en tête.
Genre super maman.
Le petit va bien donc pourquoi j'irai mal ?
(cette question je me la suis posée un million de fois)
Et pourquoi j'ai cette impression d'avoir été rouée de coup.
Voire des fois de me regarder vivre de loin. Comme si je n'étais plus dans mon corps. Et que mon corps se comportait comme un robot.

J'ai complément oublié de me remettre de mes émotions.

Les mots méchants de ma mère répétés quand j'étais petite ont résonné pendant des mois dans ma tête en me menaçant de devenir pareil qu'elle.

Elle n'a jamais pu me rassurer.
Et j'ai toujours été trop sensible et trop souvent en demande.

Et comme elle continu encore maintenant à faire semblant de ne rien comprendre au lieu de juste être une mère pour moi, bienveillante et compatissante.
J'aurai aimé qu'elle soit une épaule où j'aurai pu pleurer et tout évacuer.
Mais il faut que j’apprenne vraiment à ne plus rien attendre d'elle.

Ma douleur re-banalisée par ma belle-famille qui n'ont fait que des prématurés les doigts dans le nez et pour qui mon accouchement était finalement d'un classique.

J'aurai aimé pouvoir sortir et tout dédramatiser avec mes amies.
Ne pas garder ma douleur comme je l'ai fait jusqu'à ce qu'elle me pourrisse de l’intérieur et qu'elle ne prenne trop de place à ne plus savoir l'enlever, comme une tumeur.

Ce choix difficile de garder l'allaitement ou pas. Puisqu'il a tué toute mon énergie à petit feu alors que contradictoirement c'est la seule chose qui me rende heureuse. Quand il est là à téter et que le monde s'arrête. Que je réalise la chance que j'ai qu'il soit dans mes bras et en bonne santé.
Et que je sais pertinemment que ça ne durera pas longtemps vu la vitesse où les enfants grandissent.

Et puis aussi il faudra m'expliquer pourquoi il serait temps de couper le cordon avec un bébé de 3 à 6 mois (même de 6 à 9 mois d'ailleurs) (et encore..)
Je voudrais bien qu'on m'explique (par A + B) l'urgence de la situation (quand j'ai la possibilité de rester avec lui et de m'en occuper moi-même)

Au final la psy a confirmé ce que j'ai lu ici et là. Et m'a surtout encouragée à maintenir les décisions qu'on a prises (mon homme et moi) concernant le bien être du petit (et surtout le mien)

Et puis aussi elle a bien ris de la fixette de ma sœur sur l'allaitement (ma sœur ne supporte pas de voir des seins en public) (et m'a fait un laïus sur le coté erk beurk dégueu de l'allaitement sans me viser moi personnellement) (enfin sauf si je montre mes seins exprès) parce que c'est vrai qu'on est toutes super à l'aise et super contentes de sortir nos seins comme ça à la fraiche en public et que même les moins pudiques d'entre nous (dont je fais partie) ont toujours un petit sentiment de pas complètement rassurées à se mettre un peu à nue devant tout le monde
(et puis surtout c'est quoi ces bébés qui font exprès d'avoir faim..)
Enfin ces quelques personnes qui nous mitraillent (alors que contradictoirement elles ne veulent sois-disant pas voir) (ce qui n'est pas pervers du tout mais soit) et qui nous donnent l'impression de faire quelque chose de mal.
Il faut savoir que jusqu'à preuve du contraire ce n'est pas écrit dans la loi qu'une femme ne peut pas allaiter dans l'espace public.
Donc si on n'aime pas (yerk beurk dégeu) ben il suffit de ne pas regarder c'est tout (c'est simple)

En plus merci la solidarité féminine quoi.
On fait un mouvement général vis à vis du harcèlement de rue, nos corps n'appartiennent à personne, bla bla bla, mais une femme qui allaite dehors c'est déguelasse.
Alors qu'on devrait avoir un réflexe de protection vis à vis d'elles (et pas de rejet)
Franchement des fois y a des trucs qui m'échappent..

Bon sinon si je dors mieux c'est aussi parce que nous nous sommes remis au co-dodo. Parce que ça m'évite de me lever de rester éveillée et de le remettre dans son lit et de crapahuter toute la nuit en ayant du mal ensuite à me rendormir. Du coup je reste allongée, il tète allongé. Se rendort en 10 minutes, moi aussi.
Et le temps qu'il fasse ses nuits, tout le monde est content.

Ça fait deux mois qu'il dort dans sa chambre, mais 7 qu'il ne fait pas ses nuits. Il a 8 mois et pèse un peu plus de 7 kilos. Ça ne lui fait pas encore tant de réserve que ça.
Et puis il doit me ressembler un peu,
à lui aussi il lui faut du temps..

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05/05/2014

Quand des fois tout le monde me saoule

À part ça je ne suis plus retournée dans ce nouveau magasin bio qui a ouvert juste à côté de chez nous.
À cause de leurs :
Salut !
Tu veux quoi ?

Avec Internet, Twitter, Facebook, et ces dizaines d'inconnus qui te parlent comme si t'étais leur pote depuis toujours ou ceux qui te jugent (sans te connaître) te donnent des leçons ou t'insultent.

Tutoyer ses clients.
Nan mais ça fait tellement années 2000.


Et puis cette discussion entre filles, où j'explique à une pote enceinte comment je trouve l'allaitement magnifique mais tellement difficile (même si j'y suis toujours depuis pratiquement 7 mois) et qu'il ne faut pas s'en vouloir de ne pas le faire ou d'arrêter (genre te prends pas la tête fais comme tu le sens) et une autre CONNASSE (qui écoutait la conversation d'une oreille) qui a allaité ses gosses jusque 2 ans et qui commence à se la péter avec son laïus à deux balles sur la facilité de l'allaitement et les bienfaits indéniables pour tes enfants. Et comme ses copines de la leche league sont super géniales.

J'en peux plus de ces meufs..
Qui prennent leur cas pour des généralités.
Qui ont eu plus de facilité à allaiter (ou qui mentent honteusement parce qu'en vrai elles ont grave galéré) (comme toutes les autres)

Cette arrogance je ne la supporte plus..

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En fait je supporte de moins en moins que tout le monde se mêle de ma façon d'être une mère en général. À part des exceptions (c'est à dire toutes celles qui me connaissaient avant que je ne sois maman) (qui me connaissent donc moi toute seule)
Je ne supporte plus non plus qu'on me pousse.
À arrêter l'allaitement par ex (pour pouvoir déléguer et laisser le petit à ma belle mère)

C'est mon corps.
Mon (mes) choix.
Et surtout MON bébé.

En plus il a bientôt 7 mois oui, mais 4 ½  seulement en âge corrigé. Son développement est atypique.
Je dois/veux m'occuper de lui.
Et je sens que c'est comme ça que ça doit se passer.

Je me réoccuperai mieux de moi après.

Idem pour mon homme.
J'ai surement pas décidé seule, on est en plein compromis tous les deux. Il a accepté que la maternité m'ait (re)transformée en animal. Solitaire.
On gère au jour le jour. Je fais tout pour ne pas le mettre de côté. Ou oublier qu'il existe.
Et tous les jours ce sont des prises de tête, des grandes discussions, des choix à réadapter, des improvisations. Et des solutions de passage. Qu'on essaie les moins bancales possible.

Tous les jours.

Je me sens vidée.
Et submergée en même temps par trop d'amour
(alors oui ce n'est pas le même genre d'amour mais ça prend autant de place)

Moi aussi souvent je ne comprends pas le choix des autres, il y a même des trucs que je trouverai complètement insupportable pour moi (comme ce pote qui veut obliger sa meuf à ne plus faire dormir leur petit de deux semaines à peine près d'eux dans leur chambre) (deux semaines.. franchement) (alors oui je ne comprends pas)

(mais voilà CHACUN FAIT COMME IL VEUT)

Mon fils m'a fait une grosse crise de fatigue pour la première fois.
Des pleurs en crise d'hystérie impossible à calmer.
Ou à consoler.
Lui qui est si zen et conciliant.

Mais je me suis bien rendue compte que si sa limite à lui avait été franchie. La mienne l'était déjà depuis plus longtemps (sauf que j'ai voulu faire acte de bienséance et pour faire plaisir à tout le monde en restant à cette petite sauterie d'anniversaire)

Finalement je n'ai jamais eu une aussi belle excuse pour me casser sans demander mon reste d'une après-midi entre pote où je me faisais royalement chier.


Être maman ne m'a pas changée.
Mais ça a révélé ce qui était enfui au fond de moi et que je ne voulais pas forcément admettre. Mais que je sentais bien exister quelque part.
J'ai fait semblant de rien pour entrer au mieux que je pouvais dans le moule.
Mais maintenant, merde.
J'accepte d'être ce que je suis en train de devenir.

Et j'aime être cette maman à plein temps.

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30/04/2014

Voir le mâle partout

À propos de tout ce flan autour de Rémi Gaillard (ouai même dans le buzz je suis vintage) j'ai pas tout bien saisi.
Alors effectivement sa vidéo était limite. Provoc. Maladroite. Enfin surtout hyper puérile.
D'une grande misère sexuelle (enfin la misère qu'il donne à voir dans son sketch) et qui fait pitié.
Mais bon de la à y voir une agression sur gonzesse ?
Vu qu'il n'y a pas agression vraiment (qu'il ne les touche même pas) et ne se sert que de leur image et d'un stratagème de mise en perspective pour faire le fanfaron (sans compter qu'elles étaient ok pour passer ensuite sur youtube) (mais admettons qu'elles aient signé sans avoir connaissance du vrai message craignos). Genre le slogan (Free sex), celui-là qui accuse encore plus le côté pathétique du mec obligé de faire semblant, comme s'il avait peur de toucher des femmes en vrai (enfin pas Rémi Gaillard mais ce mec pathétique qu'il joue)
Ça m'a fait penser aux blagues quand on était au collège.
À toutes ses montées d'hormones refoulées. À cette violence pré-pubère. La peur. Des autres de soi. Ton corps change. La période où on est très con et hyper premier degré.
Ça me fait penser aux blagues débiles que certains mecs dans la cour de récré faisaient aux filles, genre soulever leurs jupes pour que tout le monde voit leurs culottes.
Parce que c'est un peu ça le Rémi en question, un mec qui fait des blagues tout le temps. Un ado encore un peu. Qui s'adresse à d'autres encore ado dans l'âme comme lui. Dans des délires pipi-caca graveleux (ou de sexe d'hyper mauvais goût, surtout dans ce cas-là)
Bien sur que j'ai pas trouvé ça ni drôle ni fin et encore plus venant d'un mec de son âge.
Mais bon ça reste une vidéo débile.
Et il va pas forcer les filles dans la vraie vie quoi (enfin j’espère pas pour lui)

Donc entre un mec qui s'éclate dans une fiction avec deux trois potes (et quelques milliers de clics) (parce que merci internet) et un autre qui ne respecte pas du tout les femmes dans la vraie vie, qui organise délibérément des tournantes ou qui viole sans empathie et avec préméditation des gonzesses en se disant que c'est elles qui le cherchent de toute façon et qu'il n'y est pour rien y a quand même une sacrée marge.
Sans compter que ces mêmes gars qui se donnent toutes les excuses pour se permettre n'importe quoi dans la rue ou violer frapper tout ce qui bouge (ou pour laisser faire) ne vont pas attendre une vidéo du Gaillard pour se dire tiens demain je sais pas quoi foutre je vais faire pareil.

Donc mettre ça dans la culture du viol, ça reviendrait à tenir le même discours que les réacs sur par exemple les jeux vidéos violents qui seraient responsables de la violence de certaines personnes.
Alors qu'on sait bien que ce n'est pas la télé ou les jeux qui hypnotisent les gens pour qu'ils deviennent des criminels (au pire ça influence ceux qui allaient passer à l'acte de toute façon)
Mais peut être qu'on n'a pas tous la même tolérance dans la définition..
Et puis j'ai eu l'impression qu'il y avait confusion dans les mots.
Que la culture du viol au départ c'était pas la culture du viol dans le domaine de la culture mais que c'était la négation des VRAIES victimes de viol au sein d'une société.
Que c'était culturel dans le sens culture = histoire (société) des hommes et pas dans le sens culture = créations artistiques (parce que si c'est pas là le seul endroit où on peut dépasser des limites et transgresser justement) (et entrer dans le jeu de la censure là on toucherait le fond)
Donc se tromper de médium c'est quand même un peu se tromper de combat ?
Ou encore une fois c'est peut être juste une sémantique différente dans la définition.

La culture du viol s’appuie sur des centaines d'années dans l'histoire d'un pays où culturellement on accepte l'excuse que les hommes violent parce que se sont des hommes et qu'ils savent pas dire non à leur pénis.
C'est aussi un gouvernement (ou une société complète) qui ne met rien en œuvre ni pour les décourager ni pour faire de la pédagogie ni pour sauver ou rendre justice aux victimes.
Par exemple c'est dans les mots sexistes ou misogynes d'hommes (ou de femmes) politiques.
Dans l'absence de lois supposées protéger les victimes.
Ou bien dans aucun moyens mis en place, ou structures policières ou associatives pour dire que le viol c'est un crime et qu'il n'y a aucune pédagogie pour expliquer qu'il n'y a pas un type de femme qui cherche la merde plus qu'une autre.

Mais aussi nous-même dans l'espace public quand on n’intervient pas auprès d'une femme en difficulté (c'est d'actualité en plus) D'ailleurs on ne se dit pas souvent que c'est pas nos affaires et que peut être elle doit le mériter parce que peut être elle l'a (même un tout petit peu) cherché.
On entretient nous-même tous les jours ces mentalités.

Même au sein du couple.
Ne serait-ce que (je prends cet exemple puisque ultra concernée en ce moment) de devoir baiser après l'accouchement. Genre la pression générale (et féminine), t'es pas une bonne fille si tu délaisse ton mec (c'est ça d'ailleurs ou il te trompera) donc clairement on n'en n'a pas forcément envie tout de suite avec ces hormones en vrac (la fatigue et tout le reste) mais il faudrait écarter les jambes pour sauver son couple ?
Perso j'assume avoir dit à mon homme qu'on allait devoir faire une pause, point (alors il a pas dit oui en sautant de joie et en lançant des pâquerettes en slibard dans tout l'appart hein mais il a eu assez d'empathie et d'intelligence pour prendre son mâle en patience)
(enfin parenthèse personnelle mise à part)
Je reviens pas sur le fait que oui ça fait quand même chier de voir ce genre de blagues de mauvais gouts sur le web.
Ça énerve aussi ces pubs, vidéos ou magasines qui ne s'engagent pas à changer les mentalités bien sûr, et qui enfoncent le clou parce qu'ils estiment que c'est pas leur rôle de faire du social (eux ils font du business) (et les clichés ça fonctionnent bien dans le business)

Alors c'est qu'on en a tellement partout de lourds à se coltiner tous les jours en vrai dans la rue que le Rémi qui passait par là au mauvais moment avec ses conneries à deux balles a servi d'exemple, de bouc émissaire. Ça aussi je comprends bien.

Mais aller, honnêtement, c'était pas le plus méritant aux jets de pierres.

Et puis aussi il y a cet effet pervers de la capitale qui fait que les parisiennes en ont ras-le-cul.
À Paris on est hyper sollicitée. Tout le temps. Ça dérape même souvent. Les mots (insultes) les gestes. Régulièrement c'est vrai.
Dans le métro (j'en ai plusieurs d'anecdotes moi aussi)
Et on s'en rend vite compte quand on change de ville ou de pays.
Par exemple quand je suis arrivée à Lyon il n'y avait presque plus rien de tout ça (enfin ça dépend du quartier de l'heure.. évidemment, comme partout) pas de jeux de regards, pas de drague (ou alors tellement subtile qu'une fois sur deux on passe à côté) j'ai eu l'impression d'être la femme invisible tellement on me foutait la paix.
J'en ai fait une dépression.

(non je déconne)

Donc je comprends le ras-le-bol général.
Moi aussi j'en ai ras-le-bol.
Marre de toujours devoir rabâcher la même chose.
Même vis à vis de mon blog.
Assumer ma réputation.
Et cette image renvoyée de moi-même qui ne se reflète pas pareil pour tout le monde.
L'effet de communication tronquée, genre les hommes viennent de mars les femmes de vénus toussa.
J'en ai même un qui m'a demandé un jour pourquoi je n'avais pas pensé à me faire payer.
Mais voilà je l'ai pas traité de débile ou crié au scandale, c'était pas du tout un misogyne en plus (au contraire même) juste un gros benêt maladroit.
Parce que un mec c'est ça aussi, c'est fait de cette ambivalence, même le plus gentil qui se bat contre cette fatalité des rôles mère/pute et d'une libido masculine souvent en perpétuelle frustration aura toujours des réflexions débiles ou des fois très humiliantes.

Mais vous en connaissez vous des gens (hommes femme confondus d'ailleurs) qui ont assez d'empathie pour se mettre JUSTE à la place des autres et comprendre où il y a un problème.
Et pas que pour le féminisme (le handicap par ex) (les roux) (les gros) (les toqués compulsifs)
Et qui n'a jamais été maladroit par ignorance ?
Moi non hein.

En revanche j'estime qu'être écoutée quand on explique qu'une limite est franchie sans avoir forcément besoin de s'insurger ou de faire valser les insultes et quand l'autre comprend sa maladresse alors c'est là qu'une bataille est gagnée.
Alors évidement je dis pas de se faire chier avec des vrais connards hein (de toute façon ceux là n'écouteront jamais rien)
Mais en tant que féministe on n'a justement pas le droit de les mettre tous dans le même sac.. La faiblesse n'est pas un crime. La maladresse non plus.
Ça soulage peut être nos hormones sur le moment mais ça ne fait pas réaliser à tous les hommes ce qu'on est vraiment en tant que femme (et pas ce qu'ils aimeraient eux qu'on soit) (ou ce qu'ils pensent avoir interprété ou compris de nous)
Et c'est pas en lynchant un Rémi qu'on va changer la mentalité de tous les autres, des pires. Lui c'est juste un clown.

D'ailleurs je voudrais bien savoir le nombre de mecs qui n'ont pas rit devant sa vidéo (sans s'en vanter nulle part)
Et combien lui auraient dit : oh mon pote là t'abuse grave mec ?
(hein combien ?)

C'est aussi des centaines d'années d'hormones et de nature humaine derrière lesquelles on se débat comme Don Quichotte avec ses moulins à vent.
Ce n'est pas qu'une fatalité culturelle.
Alors on doit se battre pour l'égalité des sexe oui mais en acceptant nos différences.

Moi aussi des fois je rêve d'un retour général et mondial des bonnes manières.
Comme dans le temps quoi (même avec toute l'hypocrisie que ça implique)
Mais on aurait à faire qu'à des gentlemen.
Courtois et polis.
Pour qui ce serait très TRÈS malvenu d'être insistants.
Insultants.
Violents.
Un monde sans que les mecs soient dépendants toutes les 5 minutes de leur testostérone.

Ahh c'est clair que ça nous ferait de ces putains de vacances !

(encore que je suis sûre qu'il y aurait des meufs qui détesteraient parce qu'elles n'auraient plus personne pour les flatter ou leur prouver qu'elles sont belles)(ou que ce serait plus assez viril)

Mais franchement même si on arrivait à imposer ce genre de société, à coup de loi, de procès systématiques.. Est-ce qu'on est bien certaines que ça ferait baisser les agressions, les viols, les humiliations. Moi perso je crois pas, sans être complètement pessimiste, et puis ce serait comme avec la prostitution. Quand c'est caché c'est bien plus pervers et dangereux.

On vit dans un monde injuste et misogyne. Et violent. Pas chez les bisounours.
On reste encore dans ce schéma de la loi du plus fort dont les abus masculins font partie avec cette relation de pouvoir et de dominant/dominé.
Tout ne peut pas être indu au sexisme ou à la misogynie.
Et comme en plus on est très peu de femmes a avoir réellement du pouvoir (et donc a avoir les moyens de se défendre seule) on reste encore des espèces de proies plus ou moins faciles à abuser.. Et les lois (votées par plus d'hommes que de femmes) sont rarement à nos avantages, forcément.
Ou reportées ultérieurement
(un peu comme pour l'écologie) (ah ah)

Mais ce qui m'a le plus saoulé dans cette affaire ce sont les vannes entre meufs.
Plutôt que de discuter justement pour faire avancer ce bordel et de comprendre les avis de tout le monde. La tolérance de chacune.
On est toutes différentes.
Donc interdit de subtilités quoi, comme après la guerre ?
T'as couché avec l'Allemand, avec l'ennemi, on cherchera pas à quel point tu as pu tomber amoureuse en vrai, ou souffrir ou être seule ou quelque soit ton excuse tu seras tondue, lynchée comme les autres, point.
Y a deux camps opposés, blanc ou noir.
En plus c'est ça la solidarité féminine (sur twitter) ?
Directement l'hystérie collective.
Ça traite de connes celles qui ne suivent pas le troupeau.
C'est direct des insultes ou des on va la frapper.. (mais comme entre meufs on peut)

On peut donc pas faire mieux que ça pour débattre sur un truc qui fait polémique.

Déjà s'écouter.

Dans le féminisme en plus on n'est pas à armes égales alors on ne peut pas demander à toutes les femmes de l'être (une mère de famille célibataire n'aura pas le temps de s’investir ou de partir au front avec les Femen par ex en laissant ses gosses tout seuls derrière) (ou juste une autre qui ne supporterai plus de violence à son encontre ou n'oserai pas se mettre en avant ou juste n'aurai plus la force de se battre)
Alors que chacune devrait pouvoir utiliser ses armes et avoir sa place. Même les plus contradictoires d'entre nous d'ailleurs. Parce qu'on a toutes des contradictions en nous. Parce que c'est humain.

Et parce que le féminisme devrait être un refuge pour tous. Et pas un espèce de club élitiste et dogmatique. Ou qui porte des jugements hâtifs.

Enfin bref.

La dernière fois que j'ai appelé le 17 parce qu'une gonzesse se faisait fracasser la tronche juste en dessous de ma fenêtre, on m'a rappelé après l'interpellation des flics pour me dire que c'était une pute qui s'était fait ramasse par son mac et que c'était une perte de temps pour la police, qu'elle avait choisi son métier vous comprenez madame.. y a des choses plus grave, il y a des vraies victimes ailleurs
(pratiquement mot pour mot)


Voilà pour moi ça, ça fait partie de la culture du viol.


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18:18 Publié dans buzz | Lien permanent | Commentaires (2)

29/03/2014

Bébé in love

Mes hommes et moi on vit un peu en autarcie.
Enfin, mon homme va bosser et sort avec ses potes lui.
Mais bizarrement pour l'instant de mon côté je ne pourrais pas sortir et me détacher de mon fils. Je dis pas des fois ça me pèse. On est beaucoup trop fusionnel (surtout quand par ex il demande à téter toutes les heures pendant toute une après-midi)
Je l'ai déjà laissé à son père plusieurs fois pour aller à la poste, la boulangerie, mais j'ai beaucoup de mal à être séparée de lui plus longtemps. J'en fais même des cauchemars la nuit (on me l'enlève ou il retourne dans sa couveuse)
Pire quand il dort trop longtemps des fois j'avoue j'ai envie de le réveiller.

Dire que c'est absolument l'inverse de ce que je voulais faire avant de tomber enceinte.. Ce n'est pas la maman que je m'attendais à devenir en tout cas. Mais bon c'est aussi les circonstances. Ce n'est pas l'accouchement que j'attendais non plus.
On s'adapte.
Ça ne se fait pas sans heurts et sans cris. Mon corps est pris d’assaut. Je bouille parfois jusqu'à exploser comme une cocotte minute. Et ne veux plus personne à moins d'un mètre.
Mon homme est une péninsule de patience..
Il vit tout de l'extérieur avec une objectivité que je n'ai pas.
Il n'est pas parfait, même souvent très maladroit mais il ne se laisse jamais intimider par mes crises d'angoisse.
Il m'a donné toute la place avec mon fils
(notamment l'allaitement exclusif)
Il a écouté mes moindres petites demandes, mes plus honteux caprices aussi.
Tous les jours il me dit que je suis belle que je le fais bander, que je suis une super-maman.
Tous les jours il me rassure.
Il est mon binôme, mon co-équipier, mon coach, mon masseur et cuisinier à domicile, mon ombre.
Mon tout mon roi quoi.

À l’hôpital on faisait beaucoup moitié moitié.
Depuis qu'on est rentré c'est moi qui n'arrive pas à me détacher de mon petit. J'ai besoin de l'habiller, le laver, lui changer les couches, tenir la poussette et mon homme doit finir par me le prendre des mains pour l'avoir un peu aussi.
On sait que c'est le traumatisme du temps passé en néo nat.
De la séparation.
De toutes ces infirmières qui l'ont touché, lavé, soigné, parlé, rassuré.. avant moi.
Qu'il va falloir que je me fasse violence pour le partager un peu plus.
Mais clairement je ne suis pas encore prête (du tout)

Heureusement on commence quand même à sortir, à reprendre nos habitudes, l'enchainement des vides greniers le week-end. Dans sa poussette ou dans l'écharpe de portage. Il chine avec nous. Les gens sont gênés ou intimidés quand il se met à les fixer de ses yeux bleus/gris et honteusement j'en profite un peu (des fois) pour négocier..

J'ai pris tellement de plaisir à faire mon shopping sur le web (à cause de notre retraite forcée) que je n'ai plus envie d'aller faire les magasins comme à Paris avant. C'est quand même tellement plus pratique. Je connais ma taille dans toutes les marques que j'achète.
Et j'ai surtout plus de choix
(parce qu'il faut bien avouer que le parti pris des boutiques lyonnaises n'est pas souvent ni osé ni rock'n'roll) (juste à part certaines chouettes subtilités néo bourgeoise quelque fois)

Ces rencontres inattendues sur ebay : je remporte une enchère sur un Petit Bateau et règle tout de suite, la nana me renvoie un mail d'excuses l'article est taché, je réponds que ça peut arriver, elle me rembourse, on papote, 5 jours après je reçois l'article réparé avec un dessin de son petit..
Donc oui la zen attitude ça vous renvoie un karma plein d'amour (même de la part de parfaits inconnus)
(bon ok pas toujours non plus mais souvent quand même)

À ce sujet d'ailleurs il faut que je parle aussi de Dino Deluxe chez qui j'avais trouvé un superbe hochet (hochet devenu doudou malgré lui, celui avec lequel il adore s'endormir en le mettant sur son nez) et que l'on a perdu un dimanche sur une brocante. Le même dimanche j'ai envoyé un mail désespéré pour savoir si par miracle il leur en restait car je ne le voyais plus sur leur site. J'ai reçu un message dans l'heure, ils en avaient retrouvé un dernier dans leur stock (Ô joie et allégresse) et le mardi matin suivant on recevait le hochet..
Mais tout de même whouaou, d'attentions j'en attendais pas autant.
Et puis tadam le mardi soir la grand mère qui nous appelle pour dire qu'elle l'a retrouvé au fond du pli de son fauteuil..
Le destin s'est occupé de nous dire oh les parents si vous ne voulez pas passer pour les Thénardiers pensez à avoir le doudou de votre fils en double !
(ok merci destin)

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05/03/2014

Le pied

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27/02/2014

Ô joies de l'allaitement

Je commence seulement à m'habituer aux réflexions culpabilisantes et régulières sur mes choix (en tant que maman/parents)
Sur l'allaitement j'en vois passer aussi de pas mal.

Entre les femmes qui ne veulent pas, ne peuvent pas, ont des ennuis de santé, arrêtent, abandonnent.. et quoiqu'on fasse c'est jamais de la bonne façon/la bonne idée/le bon choix.
Un ami nous disait il y a peu de temps qu'il ne comprenait pas tout ce raffut là-dessus, on est des mammifères tout simplement. On est donc un peu fait pour ça et c'est le monde dans lequel on vit qui n'est plus du tout adapté.
Et puis "on fait ce qu'on peut pas ce qu'on veut" aussi mais il y a de mon point de vue un gros problème de transmission et d'apprentissage. Et de temps..
Les femmes entre elles sont d'abord très connasses et jalouses avant d'être solidaires.
Le vrais bons conseils et encouragements bienveillants sont des perles rares.
Et puis aussi la durée du congé mat n'est pas du tout adaptée à être relax vis à vis de ça. Même si on va pas cracher dans la soupe de ce qu'on a déjà. Mais bon il devrait être franchement mieux personnalisé selon ce qu'on veut vraiment pour ses enfants (c'est très utopique je sais)

Allaiter demande beaucoup d'énergie.
Il faut accepter de partager son corps.
Accepter une autre transformation après la grossesse.
Accepter (du coup) une autre relation avec son mec.

S'adapter au fur et à mesure.

Bien sur à force le petit n'a d'yeux que pour moi, mais surtout quand il est avec la famille ou des amis, en revanche (et depuis qu'il a passé 3 mois) il est fasciné par son père (même quand ils ne jouent pas ensemble)
Preuve que l'allaitement exclusif n'empêche pas la relation avec le père.

Et puis j'ai plus besoin de lui comme coach, partenaire, binôme.. plutôt qu'il fasse ce que je fais pour dire de faire moitié moitié.
L'égalité ne veut pas forcément dire que l'homme doit faire exactement ce que la femme fait.
Ses "super maman je t'aime" marmonnés avant qu'il ne se rendorme quand je me lève plusieurs fois la nuit me font du bien.
Les petits plats qu'il me fait tous les jours, midi et soir + la vaisselle + les courses aussi.. TOUS les jours.
On est une équipe avec chacun un rôle qu'on a choisi mais qui s'est aussi imposé à nous

(mais moi j'en branle pas beaucoup il faut avouer)

Enfin du coup, et après ces premiers mois difficiles, l’équilibre qui s'installe nous soulage et nous rend la vie franchement plus sympathique.

Pour ce qui est du cul, j'ai arrêté de culpabiliser (l'allaitement abaisserai vraiment la libido) (un truc hormonal) pour essayer de trouver ce qui pourrait nous contenter tous les deux, mais autrement.
Puisqu'il est hors de question que je me force à faire quoique ce soit (en gros je me sens comme coupée en deux : mes seins pour mon fils, ma chatte pour mon mec) (franchement c'était moins compliqué quand j'étais enceinte)
Donc oui : je n'ai pas envie de baiser en ce moment !
Enfin bref, on a trouvé un compromis rigolo, en attendant que le petit commence à manger des purées (et que je récupère mon corps pour moi toute seule) un jeu pervers où on s'amuse avec mon homme sur des scénarios plus ou moins salaces et où, au final, tout le monde est content et y trouve son compte
(et se découvre aussi carrément)

Du coup je veux mon congé parental. D'abord parce qu'il est encore fragile et qu'on nous a déconseillé les crèches (où on n'a d'ailleurs pas de place de toute façon)
Et que travailler et dépenser tout (ou quasi) mon salaire pour payer une nounou j'ai pas envie.
Je ne veux pas rater ses premiers mois.. (comme aussi on aura que lui finalement)
Et être présente pour le stimuler et lui donner confiance en lui pour que lorsqu'il ira à l'école la différence entre son âge corrigé et sa date de naissance ne fassent plus qu'un.

C'est clair que dans notre histoire l'allaitement rattrape le temps perdu à l’hôpital (et la séparation) mais j'en avait aussi de toute façon beaucoup envie, même avant de tomber enceinte.

En fait je découvre que j'aime être une maman.

Mais pas que(ue) ..

27/01/2014

Quand enfin, un équilibre..

Finalement après une mise au point avec ma pharmacienne (très au petit soin) je rentre chez moi avec des granules pour détendre mon post-partum.
Ça ne remplace pas les heures de sommeil mais ça change la vie (de mon homme surtout)

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 Limite je hurlerai bien à la fenêtre en chantant comme dans Glee : hey ! C'est que du bonh...

(nan, nan, je déconne)

Chez la pédiatre on récolte tous nos efforts de surprotection du petit choupi. Elle est même très impressionnée qu'on ne soit pas revenu une seule fois à l'hôpital ..
(nan mais) TU M'ÉTONNES !!!!!!
Rester enfermée avec lui à la maison depuis notre sortie de la néo nat. Plus d'un mois donc.. Plus de vie sociale + les mains de ma grand-mère surdésinfectées.
Bon ça valait carrément la peine, je dis pas, et je regrette pas une seconde de ne plus avoir de vie pour le moment.

C'est en revoyant Baby Boom que j'ai réalisé qu'avoir raté cet instant dans l'accouchement où on voit son bébé pour la première fois, le prendre dans ses bras, les larmes de joies, l'euphorie.. partagé à trois, m'a vraiment traumatisée.
Je n'ai eu qu'une joie réservée et courte, angoissée par son état de santé, seule, les 24h d'attente avant de pouvoir enfin le voir et le manque de contact à cause de la couveuse.
Ce moment d’allégresse ultime où on est heureux de devenir parents est vraiment important. Ne pas pouvoir le vivre est vraiment très violent.

D'où l'importance de l'allaitement pour nous deux.
Certes mes tétons se sont transformés à usage unique (impossible de les effleurer) (même pas par moi) (dommage hein)
J'adore le voir téter goulument en faisant des petit cris de contentement pendant qu'il vérifie si je suis toujours bien là, derrière mes seins énormes.
Et qu'il soit de mieux en mieux et de plus en plus gros (lui pas mes seins) me donne le courage de ne pas abandonner.
Parce que putain c'est dur et ultra crevant.
Mais ça porte tellement ces fruits (il a enfin des plis aux cuisses et des doigts boudinés ! Le rêve quoi)

Ma belle-mère voulait m'emmener chez le psy, je pense plus parce qu'elle a l'impression que je ne lui laisserai jamais son petit fils à garder (son angoisse à elle donc), alors que je le protège (à raison) de sa fragilité de préma et que j'ai aussi juste besoin de TEMPS !
Mon fils a été baladé de mains en mains d'infirmières (certes des anges gardiens) mais moi sa mère je n'y ai pas eu le droit avant des jours et des jours. Alors bon merde, maintenant je prends le temps dont j'ai besoin avec lui.

Et personne ne me l'enlèvera de nouveau.

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26/12/2013

Allo maman ici Bébé

C’est le jour où je me suis endormie après la tétée avec lui dans mes bras à 4h du mat et qu’il n’y a pas eu moyen de me rappeler ce qui s’était passé jusque 6h.
Horrible.

L’allaitement me demande une énergie surhumaine.
Je bouffe du chocolat pour tenir le coup à défaut de me détendre avec un bon verre de rouge ou de rester éveillée avec de la coke (ouai j’y pense des fois)
Heureusement qu’il y a ces forces insoupçonnées.
Mais bon se faire réveiller toutes les deux ou trois heures c’est définitivement pas humains (et refaire un p’tit frère ou une p’tite soeur, ou 2 ou 3.. derrière, putain faudra qu’on m’explique)

Si encore tout se passait parfaitement bien… L’image d’Epinal, mère aimante (patiente !) qui va chercher son bébé la nuit en souriant, bébé ultra calme et propre qui boit en 20 minutes top chrono sans régurgiter ni vomir ni pleurer ni resalir sa couche une énième fois.
En vérité c’est plus ça qui est épuisant.
+ l’angoisse de mal faire.
+ le stress de ne pas avoir compris sa façon de communiquer (donc ce qu’il veut)

En plus c’est loin d’être une science exacte un bébé et y’a pas de routine parce que quand on croit avoir compris un truc, le lendemain ça change. Et au milieu de la nuit, s’assoir sur ses découvertes du jour d’avant ou ses certitudes ça énerve un max.

C’est donc surement pas à 4h du mat qu’on entre-perçoit l’idée du bonheur.

En fait avoir un bébé, l’image qu’on s’en fait c’est vraiment comme l’image du prince charmant (ou de la princesse) la félicité n’est pas là où on croirait qu’elle est.
Ou alors comme le dit mon homme je me fous beaucoup trop la pression aussi (en plus d'accuser le coup de nos aventures à l'hôpital)

Finalement c’est mon sens de l’humour qui nous sauve. Je fini par trouver un truc hilarant auquel me raccrocher avant de péter un câble et de vouloir me jeter par la fenêtre. histoire de relâcher la pression.

Sinon on ne laisse personne toucher le petit sans qu’il ne se soit désinfecté les mains pendant un quard’heure et il n’entre pas chez nous même avec la goutte au nez. Aucun enfant n’est venu non plus (ni la grande cousine de 10 ans hyper frustrée et triste de nous parler uniquement par téléphone)
Quant à la pédiatre, elle nous a refoutu la pression la semaine dernière alors qu’on pensait lâcher un peu de leste.
Elle m’a pratiquement interdit d’embrasser mon fils sur le nez
(ce que j’ai très mal pris sachant que je ne suis pas sortie depuis un mois entre les deux semaines à l’hôpital et le retour à la maison et que je ne sais pas comment j’aurai pu me choper la crève en restant enfermée moi-même !) (et que je n’ai pas pu avoir de contact avec lui pendant un putain de mois alors qu’on nous laissait leur faire des bisous en néo nat pourtant)
La puéricultrice elle nous dit l’inverse. Il est plus fragile que les autres c’est sur mais en prenant des précautions on peut vivre normalement. Et surtout on n’est plus à l’hôpital. Donc plus en espace stérile de toute façon.

On se lave tellement les mains un millier de fois qu’elles sont crevassées.
+ le protocole de lavage de biberons.
Pour éviter n’importe quel virus ou autres bactéries mortelles.

Résultat je ne suis pas prête à le laisser à la crèche. Ni même à la grand mère qui oublie une fois sur deux de se relaver les mains.

Bref.
Heureusement mes seins sont énormes.
Ça compense.

Et puis (après la tempête) il y a tous les moments de grâce..

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29/11/2013

ça sent le sapin

Ça va faire deux semaines que je vis à l'hôpital avec le mini petit.
Deux semaines que je suis maman pour de vrai.
Mais aussi deux putain de semaines enfermée avec des règles strictes presque comme en prison.
Pas de visites, quelques permissions (en même temps le but est de rester avec son bébé pour le motiver à aller mieux plus vite)
Et même si on n'a pas le temps de trouver le temps long, 3h entre les biberons, les 3 plombes pour lui donner, le rot, tirer le reste du lait, dormir (manger/se doucher/répondre aux messages inquiets)

Etre accueillie par l'équipe par des rires quand je viens mettre mon lait fraîchement récolté au frigo avec un bonsoir à 6h du mat.

Le regard ahuri des visiteurs à la nurserie quand le petit est dans mes bras vis à vis de sa taille (les bébés de 3 kilos à côté sont des Golgoths)

Et puis surtout je profite enfin de ces 6 semaines longues et difficiles à tirer mon lait seule (et désespérée il faut bien le dire) pour le voir téter goulument et sourire en même temps au bout de 5 semaines.
Car mes seins ont doublé de volumes 2 jours après l'avoir rejoint (magique montée de lait)

Au départ j'étais entrée dans ce service pour un mois (date du terme prévu)
sauf que mon fils a assuré un max.

Hier elles sont toutes venues dans ma chambre, elles m'ont dit que voilà, la machine à écouter son cœur (s'arrêter de battre) n'était plus utile. Solennellement elle m'ont laissé appuyer moi même sur le bouton OFF.
Dans la lancée elle m'ont annoncé qu'on sortait à la fin de la semaine.

Ça y est.

 

10/11/2013

l'attente

Parfois la vie à l'hôpital n'est pas si affreuse.

Arrivée dans le sas d'entrée pour se laver les mains à côté des clowns ça n'est pas si mal.
Qu'un d'entre eux joue ensuite les Beatles à la guitare à côté du mini choupi (pendant l'heure de son câlin peau à peau) c'était agréable.

Les moments de grâce aussi.
Comme, du haut de sa 35e semaine, son adresse à téter mon sein et à se nourrir presque comme un grand (après 3 semaines de galère à tirer mon lait, à culpabiliser, à ne pas pouvoir dormir ou faire la sieste)
Alors qu'il apprend seulement à respirer tout seul (et que pour un préma téter et respirer en même temps c'est l'équivalent d'une séance d'aquagym un jeudi soir de novembre pluvieux)

Le voir sourire quand on lui dit bonjour en arrivant.
Le voir aussi se forcer à ouvrir les yeux parce qu'il sait qu'on est arrivé.

Créer des liens à travers la couveuse. Ça fait presque un mois qu'on en est là tous les trois.

Bon je dis pas, le retour à la maison sans lui est toujours aussi douloureux.
C'est beaucoup de larmes de crocodile.
Et d'impression qu'on est pas vraiment des parents.
Sa chambre vide (j'y met à peine les pieds)
J'envoie les photos chaque jour de lui à la famille + les nouvelles (mais j'ai du mal à les regarder ensuite)

Sinon question organisation on devient bon là.
On met en place le quotidien qui évolue au fil des semaines.

Mais impossible de s'y faire à notre vie à deux à la maison mais à trois à l'hôpital.

 

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08/11/2013

Hier les clowns sont venus à l'hôpital

red panda

02/11/2013

De l’intérêt de tourner sa langue 7 fois avant de parler

Enceinte je ne supportais pas les "tu vas voir"
Parce que ce n'était pas de l'ordre du conseil mais des névroses de chacun sur la façon de ne pas assumer tel ou tel détail dans le fait d'être parent.

C'est comme ce crétin, ami de mon homme, qui lui dit au téléphone alors qu'on arrive à l’hôpital que ce n'était que le début de la fatigue chronique.
Tellement à côté de la plaque que j'ai failli prendre le téléphone (parce que j'entendais la conversation) pour l'envoyer se faire mettre avec sa fatigue à la con.

On n'est pas fatigués, on est putain d'angoissés !

Notre premier enfant commence sa vie à l’hôpital, pas en bonne santé, notre première expérience de parents ne commence pas dans le cadre "normal" du bouleversement "normal".
Déjà qu'il n'y a pas de meilleures conditions à devenir parents, même quand tout va bien. C'est un changement comme de passer de célibataire à la vie en couple, une réorganisation complète.
Mais là en l’occurrence c'est encore une autre histoire (40% des préma gardent des séquelles, plus ou moins graves, mais quand même, on va devoir vivre avec ça, le voir grandir avec ça) et puis nous aussi on passe la moitié de nos journées dans un hôpital.

Ce débile ne se rend pas compte à quel point j'aimerai être naze à ne pas réussir à dormir tranquille chez moi à cause d'un bébé en bonne santé !

Tous les jours, et même si notre fils se bat déjà comme un homme et évolue vraiment très bien et de mieux en mieux, on arrive quand même dans le service avec une boule dans le ventre au cas où il y aurait eut d'autres complications entre temps.

Sans compter cette douleur à le laisser là-bas, rentrer sans lui, le manque de lui de retour à l'appart. Je ne le supporte tellement pas que je m'interdis d'y penser.
Je pense à qui je dois rappeler/répondre (je suis à la bourre totale), je pense à quel film regarder le soir, à la lessive à faire, les papiers de mutuelle, tirer mon lait, aller faire ma piqure, mes prises de sang, quel film regarder à la télé.. n'importe quoi pour ne pas penser à lui sinon je pleure sans m'arrêter.

Je ne supporte pas non plus qu'on me dise de me reposer, genre justement il est à l'hôpital donc.. Les gens sont bêtes.
On ne peut pas se reposer !
J'ai accouché trop tôt. La chambre n'est pas finie. La paperasse. Les allers retours à l’hôpital. Tirer son lait toutes les trois heures.
Sans compter qu'on a pas le temps de faire du shopping, à peine les courses.
Je ne suis pas encore remise de la césarienne, je ne peux pas crapahuter partout.
Et on a tellement besoin de se retrouver mon homme et moi que je ne supporte aucune aide de personne. C'est pas méchant ou égoïste ou que je n'ai envie de voir personne mais j'ai besoin d'intimité. Je n'ai plus de place dans mon cerveau pour être vraiment à l'écoute.
Je suis trop angoissée.

Et trop aussi pour me reposer vraiment.
Je culpabilise de faire une sieste quand je sais qu'il est dans sa couveuse et que nous on est là. Sans lui. Comme si on l’abandonnait.
Et même si je sais qu'il a besoin d'une mère en forme.
Et qu'il faut que je prenne soin de moi.
Et qu'on ne l'abandonne pas du tout.
Je ne peux pas m'empêcher d'être triste.
Et d'être inquiète.

Jusqu'au jour où il viendra enfin à la maison et qu'il nous fera chier comme un bébé normal.

Même si je ne dors que 3 heures, là et seulement là, je commencerai à dormir un minimum en paix.