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02/11/2013

De l’intérêt de tourner sa langue 7 fois avant de parler

Enceinte je ne supportais pas les "tu vas voir"
Parce que ce n'était pas de l'ordre du conseil mais des névroses de chacun sur la façon de ne pas assumer tel ou tel détail dans le fait d'être parent.

C'est comme ce crétin, ami de mon homme, qui lui dit au téléphone alors qu'on arrive à l’hôpital que ce n'était que le début de la fatigue chronique.
Tellement à côté de la plaque que j'ai failli prendre le téléphone (parce que j'entendais la conversation) pour l'envoyer se faire mettre avec sa fatigue à la con.

On n'est pas fatigués, on est putain d'angoissés !

Notre premier enfant commence sa vie à l’hôpital, pas en bonne santé, notre première expérience de parents ne commence pas dans le cadre "normal" du bouleversement "normal".
Déjà qu'il n'y a pas de meilleures conditions à devenir parents, même quand tout va bien. C'est un changement comme de passer de célibataire à la vie en couple, une réorganisation complète.
Mais là en l’occurrence c'est encore une autre histoire (40% des préma gardent des séquelles, plus ou moins graves, mais quand même, on va devoir vivre avec ça, le voir grandir avec ça) et puis nous aussi on passe la moitié de nos journées dans un hôpital.

Ce débile ne se rend pas compte à quel point j'aimerai être naze à ne pas réussir à dormir tranquille chez moi à cause d'un bébé en bonne santé !

Tous les jours, et même si notre fils se bat déjà comme un homme et évolue vraiment très bien et de mieux en mieux, on arrive quand même dans le service avec une boule dans le ventre au cas où il y aurait eut d'autres complications entre temps.

Sans compter cette douleur à le laisser là-bas, rentrer sans lui, le manque de lui de retour à l'appart. Je ne le supporte tellement pas que je m'interdis d'y penser.
Je pense à qui je dois rappeler/répondre (je suis à la bourre totale), je pense à quel film regarder le soir, à la lessive à faire, les papiers de mutuelle, tirer mon lait, aller faire ma piqure, mes prises de sang, quel film regarder à la télé.. n'importe quoi pour ne pas penser à lui sinon je pleure sans m'arrêter.

Je ne supporte pas non plus qu'on me dise de me reposer, genre justement il est à l'hôpital donc.. Les gens sont bêtes.
On ne peut pas se reposer !
J'ai accouché trop tôt. La chambre n'est pas finie. La paperasse. Les allers retours à l’hôpital. Tirer son lait toutes les trois heures.
Sans compter qu'on a pas le temps de faire du shopping, à peine les courses.
Je ne suis pas encore remise de la césarienne, je ne peux pas crapahuter partout.
Et on a tellement besoin de se retrouver mon homme et moi que je ne supporte aucune aide de personne. C'est pas méchant ou égoïste ou que je n'ai envie de voir personne mais j'ai besoin d'intimité. Je n'ai plus de place dans mon cerveau pour être vraiment à l'écoute.
Je suis trop angoissée.

Et trop aussi pour me reposer vraiment.
Je culpabilise de faire une sieste quand je sais qu'il est dans sa couveuse et que nous on est là. Sans lui. Comme si on l’abandonnait.
Et même si je sais qu'il a besoin d'une mère en forme.
Et qu'il faut que je prenne soin de moi.
Et qu'on ne l'abandonne pas du tout.
Je ne peux pas m'empêcher d'être triste.
Et d'être inquiète.

Jusqu'au jour où il viendra enfin à la maison et qu'il nous fera chier comme un bébé normal.

Même si je ne dors que 3 heures, là et seulement là, je commencerai à dormir un minimum en paix.

Commentaires

On est maladroit aussi quand on aime. Et on ne sait pas ce que l'autre vit si on ne l'a pas vécu soi même. Mais le manque de lui ça je te comprend.... Dur très dur mais tu t'en sors bien. Fais ce que tu peux et ne te culpabilise pas. Tu es déjà une bonne mère

Écrit par : Mummy Active | 02/11/2013

merci :)
je crois que c'est pas tant les réflexions en elles mêmes mais la façon dont elles sont dites (le copain en question expert donneur de leçons pourraves) (genre fais ce que je dis pas ce que je fais)

Pour le manque j'essaie de le prendre peau à peau, tétées contactes et cie, le plus longtemps possible pour rentrer à la maison repue de lui.

Écrit par : Charl' | 05/11/2013

Il va rester encore longtemps à l'hôpital?
Je vous souhaite beaucoup de courage... Une fois que vous aurez pris un rythme, cela sera plus facile..

Écrit par : Marly | 04/11/2013

merci beaucoup Marly (il doit rester jusqu'au terme prévu mi-décembre donc, pour ça que ça fait long)
Faut maintenir un cap maintenant oui ;)

Écrit par : Charl' | 05/11/2013

Un jour à la fois... un jour après l'autre! Avec des parents comme vous, je suis sûr que les séquelles seront limitées. Bien moindres que celles des inombrables parents incompétants, voire abusifs! (si, si, ça existe réellement. En grand nombre!)

Écrit par : sdf...de luxe! | 13/11/2013

oui..

Écrit par : Charl' | 26/12/2013

Les commentaires sont fermés.